L’ordinateur au service du sport

Article. L'ordinateur au service du sport

Le docteur Ariel, ancien athlete, a participe au sein de l'equipe

L'equipe

Published on Saturday, October 27, 1979 by Unknown

L’EQUIPE DU 27/28 OCTOBRE 1979

L’ordinateur au service du sport

Au moment o� la pr�occupation majeure les athl�tes de haut niveau est le recours w � doping sans trace �, le docteur Gid�on >riel a pour objectif de faire pr�valoir la blon�canique. Il pr�ne l’utilisation de l’infornatique comme moyen v�ritable… et natuel d’am�liorer les performances athl�tiques.

Gid�on Ariel, docteur en informatique et .r�ateur de la soci�t� C.B.A. (Computerized 3iochemical Analysis), de passage � Paris, jonnait une conf�rence de presse sur la )r�paration biom�canique de l’athl�te.

Le docteur Ariel, ancien athl�te, a parti:ip� au sein de l’�quipe isra�lienne au lan,ement du disque des Je�x Olympiques de Rome en 1960 et de Tokyo en 1964. Ariel J�tenant encore aujourd’hui le record isra�ien du lancement du disque.

� Aucun Ing�nieur, dit-il, ne construirait in pont sans avoir fait un calcul de r�sistance des mat�riaux qui Interviennent dans ce type d’ouvrage. C’est la m�me chose avec les athl�tes car l’oeil humain ne peut quantifier le mouvement et l’effort de l’athl�te. Un entraineur peut certes donner des conseils et dire si le mouvement est bon ou mauvais. En revanche ce dernier ne peut mesurer avec pr�cision si le geste est exactement celui qu’il faut, si l’�nergie d�pens�e l’est au bon moment. � C’est le but du syst�me et du programme invent�s par le docteur Ariel et mis au point avec la contribution informatique de � Data G�n�ral �.

La soci�t� . Data G�n�ral ‘ ayant fait don d’un ordinateur au Comit� Olympique Am�ricain, le docteur Gid�on Ariel ouvrira un centre de recherche omnisports � Cotto De Caza (Californie).

Ce sont les lois de Newton sur la physique qu’Ariel a utilis�es pour mettre au point son syst�me original. L’ordinateur . Eciipse S1250 de Data G�n�ral , apporte in �l�ment d�terminant pour am�liorer les performances r�alis�es dans le pass�. Voici la m�thode

1. La premi�re �tape consiste � filmer � grande vitesse (de 64 � 100001mageslseconde) l’athl�te en comp�tition.

2. Le film positif est ensuite �tudi� image par Image, de mani�re � calculer les forces mises en ceuvre par l’�paule, la partie sup�rieure du bras, l’avant-bras, le poignet, la main, le genou. Un stylet �lectronique trace ensuite un composite de ces points de rep�re, qui apparaissent sur un �cran cathodique sous forme de lignes droites.

3. L’ordinateur peut alors calculer la v�locit�, l’acc�l�ration, la direction, l’angle et les forces g�n�r�es par les diff�rentes parties du corps. Il est alors possible de demander � l’ordinateur des informations sur la force et la faiblesse des mouvements. Les r�sultats apportent une information exacte et pr�cise qui permet � l’entrairieur de choisir la modification � apporter – par exemple, une position de pieds � changer de quelques centim�tres ou l�cher une balle plus rapidement – ce qui peut �tre d�terminant au cours de comp�titions de tr�s haut niveau.

Le docteur Ariel, dont le meilleur jet au lancement du disque est de 58 m, a une petite pr�f�rence pour cette discipline. C’est ainsi qu’il s’occupa de MacWilkins, le champion olympique de la sp�cialit� � Montr�al. � A la suite de nos calculs d�but 1976, dit Ariel, nous avons pu �tablir qu’il gaspillait de la force musculaire par frottement de la chaussure sur le sol. Nous lui avons conseill� de mouiller la surface en contact avec son pied. Son jet atteint imm�diatement 70,10 m, alors qu’il plafonnait d’habitude 6 66,75 m. L’eau a permis de r�duire la r�sistance due au frottement. Une chaussure diff�rente permettant d’abaisser cette friction de rotation, aurait eu le m�me effet. � Selon l’ordinateur, MacWilkins pourrait lancer � 76,20 m en corrigeant tous ses d�fauts.

De m�me Ariel travaille avec AI Oerter, quatre fois champion olympique de la sp�

cialit� de 1956 � 1968. Apr�s dix ans d’arr�t, l’Am�ricain a d�cid� � pr�s de 44 ans de reprendre la comp�tition.

� Certes, � 44 ans, dit Ariel, Oerter a subi une d�t�rioration biologique, il fallait donc travailler sur l’am�lioration de son geste technique. En diminuant la friction des chaussures et en augmentant le poids de la chaussure de la jambe libre – afin de profiter des forces d’inertie – Oerter est parvenu � faire 67 m cette saison, soit bien mieux qu’avant sa premi�re retraite. �

Les activit�s d’Ariel dans le sport ne concernent pas seulement l’athl�tisme. Au cours des derni�res ann�es il a travaill� avec des joueurs de football am�ricains, des professionnels de tennis comme Jimmy Connors – dont il a am�lior� le service en augmentant sa vitesse de dix miles � l’heure. Il s’est m�me livr� � une comparaison, quantifi�e par l’ordinateur, entre le swing de Jack Nicklaus et celui de l’ancien pr�sident Geraid Ford. Il a pu ainsi d�couvrir que le pr�sident Ford avait un swing plus doux et plus rapide que celui de Nicklaus, mais qu’en revanche il ne faisait pas claquer le club comme Nicklaus.

jAinsi Gid�on Ariel arrive � certaines constatations concernant la chaussure de ogging par exemple : � On courra bient�t vec des chaussures gonflables dont la pression sera proportionn�e au poids de la personne. � Ou encore pour l’aviron : � On peut pr�voir que les athl�tes rameront bient�t en deux temps : les deux premiers ensemble, puis les deux autres et ainsi de suite, comme les pistons d’un moteur, consamment en mouvement. C’est beaucoup plus efficace.

Et Ariel de conclure : � Jusqu’en 1964, le talent �tait suffisant pour gagner. Depuis, le sport n’est pas seulement un art, c’est devenu une science. Nous avons une bonne connaissance scientifique et nous pouvons donner les meilleurs outils aux entraineurs et aux directeurs techniques. � – A. L.

au cour

du sport

par G�rard EDELSTEIN